Michel Desmurget, TV Lobotomie. La vérité scientifique sur les effets de la télévision

Télé, attention danger ! Preuves à l’appui, un docteur en neurosciences met les pieds dans le PAF : l’utilisation abusive et précoce de la télévision a des effets néfastes sur la santé et le développement intellectuel.

Les enfants sont en première ligne (mais pas seulement !) : imagination et créativité appauvries, résultats scolaires en baisse.

Pour les adultes, obésité et maladie d’Alzheimer sont pointées du doigt, entre autres.

La télé ? Mieux vaut la consommer avec modération. Priorité à l’imagination !

Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant.

Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d’être en surpoids.

Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l’école primaire.

Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d’un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme.

Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée.

Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d’un tiers ses chances de développer la maladie d’Alzheimer.

Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d’un infarctus que René.

Types de dessins réalisés par des enfants, p. 136

Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre.

Pour les spécialistes, dont fait partie l’auteur, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau.

Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.

Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l’industrie audiovisuelle et son armée d’experts complaisants.

La stratégie n’est pas nouvelle : les cigarettiers l’avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac…

Si vous avez envie de transformer votre chère tête blonde en espèce de mollusque avachi devant la télé, telle une baleine échouée sur la plage, alors, branchez-le dès son plus jeune âge devant la télé et vous gagnerez sans doute un porte-clé, offert par une célèbre marque de cola en guise de remerciement pour le « temps du cerveau » de votre bambin que vous lui aurez offert. (Cf. « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible« , fameuse phrase citée par Patrick Le Lay ancien PDG de TF1…)

S’il reste une forme de cerveau au gosse, bien entendu ! J’exagère ? Oh, si peu… même si nous connaissons tous une ou l’autre personne, accro du tube cathodique qui n’est pas devenue lobotimisé du cerveau, fumeur, alcoolo, obèse,… (ou plus, si affinités, le tout pouvant être cumulé avec retenue salariale sur votre p’tite santé). Il existe des exceptions.

Mais ce n’est pas parce que votre mamy a fumé comme un dragon des « sans filtre » toute sa vie et qu’elle est décédée à l’âge cathodique, heu, canonique de 111 ans que vous pouvez certifier que le tabac est inoffensif ! Les exceptions confirment une règle.

Je préciserai que c’est en lisant les critiques des mes prédécesseurs que j’ai décidé de me pencher sur ce livre. Et bien m’en pris !

Les dangers de lobotomisation du petit écran, je m’en doutais depuis longtemps, mon cerveau n’appartenant pas à la marque gazeuse blanche sur fond rouge.


Non, je ne lave pas mon cerveau tous les jours avec la télé ! Ce livre sur les dangers inhérents de la télé est écrit par un chercheur en neurosciences, c’est vous dire le sérieux. Oui, il critique vertement la télé… et pas avec des gants.

(Voix de fausset choquée) : « Oh, un livre qui critique la sainte télé ! Priez pour nous, pauvres téléspectateurs, ne nous soumettez pas à la tentation d’éteindre ce cierge qui illumine nos soirées« .

Avec un tel postulat de départ et malgré son titre aguicheur, il pourrait faire peur aux masses de zombies téléphages, de par son résumé hard, son horrible couverture kitch ou par son contenu à vous faire dresser les poils sur la télécommande. Il n’en est rien ! Enfin, à moi, il ne faisait pas peur, je voulais lire ce que ma pensée pensait depuis un certain temps.

« Un ramassis de calembredaines ? » aie-je ouï dans le fond de la toile.

Que nenni, pauvre cancre ! L’auteur confirme ses théories en s’appuyant sur des références gargantuesques : 1193 références incluant des articles de journaux à grand tirage, d’hebdomadaires, des références d’articles de revues spécialisées pour chercheurs en neurosciences et médecins.

Ne croyez pas non plus que c’est indigeste, du fait qu’il est écrit pas un chercheur en neurosciences ! Son style est alerte, sa plume est acerbe et il a dû la tremper dans l’encrier du sarcasme, pour certains commentaires. Le discours écrit dans le livre est très clair, soutenu par un plan rigoureux. On le lit comme un roman « normal ».

Le premier chapitre est consacré à l’état des lieux, c’est-à-dire au temps passé par les enfants devant la télévision et à ce qu’ils y regardent. Là, j’ai frémi ! Ensuite, l’auteur explore, au travers des trois autres chapitres, les méfaits provoqués par la vision de la télévision, s’attachant surtout au public enfantin et adolescent.
C’est à eux que la télé s’adresse en priorité (mais pas que…) faisant d’eux des parfaits petits consommateurs plus formatés qu’un disque dur. Une petite armée au garde-à-vous devant les manipulations plus que staliniennes des sociétés de marketing et de la grande distribution. Comment ils jouent avec vos pieds et votre porte-monnaie, pour ne pas dire « vos bourses », si vous voyez les deux sens que ce mot peut avoir…

Lors de ma lecture, j’ai failli m’exclamer plusieurs fois de stupeur devant certains comportements, réflexions, ou en ayant la confirmation de ce que je pensais depuis longtemps. Je ne puis qu’acquiescer à son discours, ayant moi-même, depuis quelques années déjà, abandonné la télé, suite à plusieurs « facteurs ».
Non, pas à cause d’un complot de la Poste ! Rien à voir avec ces facteurs là.
Plutôt dû au fait que les coupures pub m’énervaient, n’étant pas un consommateur que l’on mène ainsi par le bout du nez (j’enregistrais le film ou la série et je passais les pubs en avance rapide, et toc !); abandon aussi suite au fait « qu’il n’y avait plus rien d’intéressant« , hormis quelques émissions dignes de ce nom et que, last but not least, les séries, je pouvais les  » emprunter » sur un site bien connu qui fut fermé par le FBI…

Même certaines séries dont j’étais « accro », j’avais fini par laissé tomber. Il m’avait suffit de quelques épisodes manqués et je me suis dit que je n’en mourrais pas si je ne suivais plus la série.
Oui, on peut décrocher très vite de la télé. Du moins, ne plus la regarder ne me manque pas le moins du monde.

De plus, à la lecture de ce livre, je ne puis que me féliciter de l’avoir fait, même si la télé ne m’a jamais transformé en fumeur de cabanis, ou en tout autre chose. La télé, je l’ai regardé, petit, accro à certaines émissions et à certains dessins animés assez gore. Mais mes parents avaient instaurés des quotas d’heures et quand c’était les devoirs, pas de télé ! Mauvais résultats ? Pas de télé. Je grattais pour réussir, je vous le garantis.

En conclusion ?

Non, la télé n’apporte rien de bon : aucune interactivité, tendance au grignotage (et le « manger-bouger » inscrit en tout petit en bas de l’écran, tout le monde s’en br**** !), la télé incite à fumer, ruine le cerveau, la santé, peut provoquer des comportements « violents » et occasionne des retards chez les petits qui en consomment trop tôt.
Chez moi, elle trône dans le coin, parfois pour visionner un film ou un docu. Je suis toujours avec mes bons vieux bouquins et mon ordi, avec lequel je découvre des nouveaux livres à acheter ou à lire live…

Conseil ? Achetez le livre, lisez-le et fermez la télé !

Ne plus la suivre ne m’a occasionné aucune pénalité à la machine à café, mes collègues ne suivant jamais les émissions de télé réalité. Nous discutons de tout, de rien, de cinéma, de spectacle, de littérature, de musique, de sujets éco ou philo, les conversations fluctuent selon nos envies.

Le  » JT  » ? Je le fuis, préférant les journaux, certains sites d’infos interactifs. Cela m’évite les répétitions des sujets juste pour « faire de l’antenne« .
Bref, ne coupez pas tout de la télé, sauf pour les moins de 6 ans, quant à vous, les ados et les adultes, dégustez les bonnes émissions intelligentes avec avidité et zappez les émissions de « débiles mentaux » où des candidats font dans la piscine ce que les poissons font dans le mer…

Quelques recommandations ultimes :

1. La télé exerce une action fortement nocive sur le développent et le vieillissement cognitif, le sommeil, la réussite scolaire, la santé, l’agressivité, la sociabilité intra et extra-familiale. Bien qu’il existe de (rares) bons programmes, il n’y a pas de « bon usage » du petit écran. La meilleure solution me semble donc être, sans aucun doute possible, le zéro télé.

2. Si une télé doit être présente dans la maison, elle ne devrait jamais se trouver dans la chambre à coucher, surtout chez un enfant ou un adolescent.

3. Pendant les cinq ou six premières années de vie, toute exposition audiovisuelle doit être strictement proscrite par les parents tant la télévision trouble le sommeil, promeut l’obésité à long terme et interfère avec le développement intellectuel, affectif physique et social de l’enfant. Les déficits acquis dans ces derniers domaines aux premiers âges de l’existence se révèlent bien souvent irréversibles.

4. Chez les écoliers du primaire et les collégiens, le temps de télévision devrait, dans tous les cas, être maintenu en dessous de 3-4 heures par semaine (ce chiffre inclut bien sûr l’usage de vidéos).

5. Les adultes font ce qu’ils veulent. Que ces adultes n’oublient pas cependant que la télé est un facteur d’isolement social et qu’elle expose le spectateur à des risques morbides majeurs par sa propension à favoriser la sédentarité, le déclin cognitif inhérent au processus de vieillissement, l’apparition de pathologies cérébrales dégénératives et les conduites à risques.

6. « L’information » télévisée ne peut pas être neutre, elle est celle que les propriétaires des chaînes, proches des politiciens mondiaux et des lobbies financiers, veulent bien laisser passer… La télé est une arme de manipulation des masses…

« La télé est dangereuse pour les hommes. L’alcoolisme, le bavardage et la politique en font déjà des abrutis. Etait-il nécessaire d’ajouter encore quelque chose ? Le mal est fait…  Personne ne pourra empêcher maintenant la marche en avant de cette infernale machine. Adieu travail ! Demain, on pensera sans effort, puis on ne pensera plus et on crèvera enfin de la plus triste vie. » (Louis-Ferdinand Céline, Cahiers 1957-1961)

TV Lobotomie. La vérité scientifique sur les effets de la télévision. Son auteur, Michel Desmurget, est docteur en neurosciences. Après avoir fréquenté plusieurs grandes universités américaines (MIT, Emory, UCSF), il est aujourd’hui directeur de recherche à l’INSERM.
Max Milo Editions, Paris, 2011
19,90 €
ISBN : 978-2-31500-145-3

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