Syrie : les deux tiers des Français opposés à une intervention

SONDAGE

Selon une étude d’opinion publiée samedi 7 septembre 2013, une large majorité des Français n’approuvent pas le principe d’une frappe contre le régime d’al-Assad, et plus encore celui d’un engagement de la France.

Pas plus qu’il n’a (encore ?) convaincu tous ses homologues du G20 de la nécessité de passer à l’action en Syrie pour sanctionner l’utilisation d’armes chimiques, François Hollande ne semble convaincre les Français de la nécessité d’une action et encore moins d’une implication de la France.

Dans un sondage de l’Ifop pour Le Figaro publié samedi 7 septembre alors que les discussions sur la question reprenaient à Vilnius entre les ministres de la Défense et des Affaires étrangères européens, environ deux tiers des personnes interrogées n’y sont pas enclins.

L’opinion hostile à une intervention

A la question « Seriez-vous favorable ou opposé à une intervention militaire internationale en Syrie ? », 64% des sondés répondent par la négative. Une semaine plus tôt, ils n’étaient que 45%. En dépit des efforts franco-américains pour justifier une action après ce qui serait une « violation du droit international » et un « crime contre l’humanité », d’après ce sondage, ils ne sont à l’inverse que 36% à soutenir le projet contre 55% le 29 août.

A gauche, l’idée continue malgré tout de faire son chemin, avec 45% « seulement » des sympathisants opposés à une frappe militaire. A droite, c’est un non franc et massif, à 75% auprès des sondés se disant proches de l’UMP et 77% du côté du Front national.

Et plus encore à l’engagement de la France

En tout état de cause, si une coalition internationale devait finalement prendre forme, les Français sont encore plus opposés au principe d’un engagement militaire de leur pays. C’était déjà le cas, le 29 août, avec à peine 41% des sondés favorables à l’engagement de la France, c’est encore plus vrai d’après ce sondage qui donne 32% d' »interventionnistes ».

Parmi les 68% d’opposants, le clivage politique est identique, avec 48% de réponse négative chez les sympathisants de gauche, 76% chez ceux de l’UMP et 83% au FN.

Deux réserves tout de même à ces résultats très tranchés : d’une part, cette enquête a été effectuée entre les 26 et 28 août, avant le débat à l’Assemblée nationale et la séquence du G20, d’autre part, François Hollande ne s’est pas encore adressé directement aux Français sur ce dossier.

L’Élysée estime que l’opinion sera, quoi qu’il arrive, contre une intervention militaire en Syrie. Mais cela ne devrait pas faire changer d’avis le chef de l’État qui s’en remet au Congrès américain et aux experts de l’ONU.

«L’opinion ? Elle sera défavorable jusqu’au bout», prévoit-on dans l’entourage du chef de l’État: «que l’opinion soit contre, c’est normal. Quand on vous interroge pour savoir si vous êtes pour la guerre, vous dites non !» Et puis il y a l’expérience passée, l’Irak, la Libye, «la lassitude et la peur de l’engrenage». Tous ces arguments, le président de la République les a entendus dans la bouche de ses partenaires du G20. Mais cela n’a pas changé sa décision d’un iota.

Et si le Congrès américain vote non ?

La France n’ira pas en guerre seule. François Hollande l’a dit et répété : «La France amplifiera son soutien à la coalition syrienne».

Quant aux preuves irréfutables et validées par l’ONU ?

Toujours rien à ce jour… ainsi il ne faut donc pas s’étonner des 68% de protestataires.